mercredi 28 novembre 2012

Lettre ouverte à Rémi Mathis, Président de Wikimédia France


Lettre ouverte à Rémi Mathis, Président de Wikimédia France


J'ai participé pendant plusieurs années à ce merveilleux projet d'encyclopédie gratuite qu'est Wikipédia. Passionné par le partage et la découverte de la poésie contemporaine, je pensais pouvoir faire profiter le peu de mes connaissances à ceux qui n'ont pas forcément le temps, les moyens, l'appétence d'apprécier cette poésie d'aujourd'hui qui a tant de mal à s'imposer dans les rayons des libraires et encore moins des médias.
Malheureusement, des apprentis encyclopédistes ne connaissant rien à la poésie mènent une guerre d'usure pour systématiquement s'opposer à toute attitude honnête et objective. Ces apprentis encyclopédistes au nom de je ne sais quel obscurantisme ont ainsi choisi de présenter Sophie Loizeau comme pornographe. La page d'Hélène Cadou a failli être supprimée parce que sa notoriété était soi-disant surtout due à son mari... La page d'Yves Landrein a été supprimée également pour je ne sais quelle raison, dans la plus grande élégance juste après son décès. J’ai essayé, avec d'autres courageux de leur prouver qu'ils avaient tort, mais leur acharnement a eu raison de ma patience

Je refuse de poursuivre des conversations stériles qui durent depuis des mois, sur des pages de discussion qui deviennent une vraie vitrine de la connerie. Ces  apprentis encyclopédistes s'arrogent le pouvoir de dicter leur loi sur des sujets qu'ils ne connaissent même pas. Tout nouveau contributeur est ainsi pris à partie et accusé systématiquement de connivence ou de faire la promotion de l'auteur. Mais comment procèdent-ils ?

Leurs armes :

Leurs armes sont les règles mêmes de wikipédia, mais des règles qu'on interprète qu'on déforme.

L’exigence de sourcer son propos avec des liens vers des sources présentes sur Internet. Tout ce qui n’est pas numérique n’existe donc plus. La lecture de livres au format papier ne constitue plus une source fiable car soi-disant non vérifiable. Effectivement on ne peut demander à un administrateur féru d’astronomie de vérifier une théorie littéraire étudiée par un auteur. Mais de même, les propos tenus dans les médias (qu’ils soient écrits, parlés ou télévisés) ne pourraient être des sources que si ces documents sont présents gratuitement sur la toile. Ce qui écarte ainsi toute référence à un article de presse ou une émission télé accessible sur le net moyennant paiement, ou à un article supprimé sur le site source, faute de place sur le serveur.

La fiabilité des sources : de part leur incompétences certains contributeurs doutent de sites références comme Poezibao ou Sitaudis pour la poésie contemporaine. Effectivement, ce n’est pas le Monde ou bien le Figaro mais ce sont deux des rares sites de référence unanimement reconnus en la matière. De même, quand un poète (malheureusement peu connu, mais tout de même reconnu par ses pairs) rédige sur son site une analyse critique d’un autre poète, la source n’est pas fiable et écartée. Pour un connaisseur, elle ne fait aucun doute, pour un contributeur n’y connaissant rien, elle n’est pas fiable…
.
Les bouts de citations sorties de leur contexte. On s’acharne à choisir le passage de quelques mots pour discréditer un auteur. L’administrateur à la recherche du consensus ne parvient pas à faire comprendre cette notion de « citation non neutre ». Voir la page de Sophie Loizeau qui en est remplie.

La recherche du consensus justement : quand un contributeur bloque toute négociation, la page marquée du sceau des 3R ne peut être modifiée. Ainsi malgré les tentatives d’administrateurs honnêtes et objectifs (merci encore à Racconish pour sa patience), des contresens, erreurs, jugements subjectifs restent pendant des mois sur la page concernée (voir Sophie Loizeau). Le blocage ainsi orchestré parvient à pousser à bout les contributeurs de bon sens qui finissent par abandonner et ne plus intervenir sur ces pages. D’autant plus que les pages de discussion n’étant pas un forum de discussion (voir la page de discussion (PDD) de Sophie Loizeau) , la recherche de consensus se fait où et comment?

La notion d’œuvre : un poète avec trois ou quatre livres publiés à son nom et une carrière d’éditeur peu connue (mais là aussi reconnue par ses pairs) n’est pas digne de figurer dans Wikipedia et sa page supprimée. (voir la page d’Yves Landrein). D’autres auteurs ont ainsi victimes de la suppression de leur page (Eric Dubois par exemple) par confusion entre notoriété d’un auteur et qualité d’un travail d’auteur. Mais je comprends que bon nombre de personnes n’ont jamais entendu de la micro-édition, très active en poésie avec de nombreux éditeurs et revues. Petits tirages certes mais souvent de grande qualité littéraire et/ou artistique. C’est ainsi que plus aucun « grand » éditeur comme Gallimard ou Flammarion n’édite de poète n’ayant pas fait ses preuves dans cette micro édition qui est devenue leur vivier. Il faudra donc demander à vos contributeurs de s’informer sur ce sujet. Je les invite à prendre contact avec les maisons de la poésie un peu partout en France, où ils pourront trouver toutes les informations sur les poètes, les éditeurs de poésie contemporaine. Et puis wikipédia doit s’adapter aux nouveaux modes de diffusion, un auteur édité en e-book chez Publie.net sera-t-il toujours écarté ?

La règle interdisant toute autopromotion : dès lors qu’il s’agit de publier une photographie d’un auteur artistiquement réalisée par un bon photographe, je fais la promotion de cet auteur. Dès lors que j’essaye de donner la parole à l’auteur quand celui-ci est attaqué par des critiques infondées, je fais la promotion de l’auteur (voir la PDD de Sophie Loizeau). Une citation choisie, objectivement pour éclairer le lecteur sur une oeuvre, sur le site personnel d’un auteur est écartée car trop promotionnelle. Je tiens à préciser que je ne suis pas attaché de presse ni rémunéré par les auteurs pour défendre leur image. Je fais cela dans l’unique but de faire découvrir la poésie contemporaine et casser son image élitiste infondée.

Le dictionnaire : lorsqu'un poète utilise un mot inventé ou bien un concept philosophique absent des dictionnaires courants, il lui est rétorqué que « On ne trouve pas de définition du mot dans le petit Larousse, le Petit Robert et le Littré ». J'adore !

La victimisation : quand un argument est avancé, il l'est par des « critiques patentés ... seuls habilités à porter un jugement sur la poésie...confisquée par une catégorie sociale dont les mécanismes de fonctionnement mériteraient d'être passés à la loupe, ce serait aussi verser dans l'élitisme.» On accuse les contributeurs d'être « un groupe social privilégié culturellement » qui « s'est approprié le champ poétique et les institutions qui le structurent ce qui lui permet de se reproduire et dans le même temps d'exclure ceux qui ne pensent pas comme lui. » On insinue aussi que je suis raciste alors qu’à aucun moment je n’ai fait aucune allusion à quoi que ce soit sur ce sujet (je m’en garderais bien car si tous les français étaient aussi anti racistes que moi, le FN n’existerait pas).

La règle interdisant de mettre trop de liens externes sur une page. Sur la page d’Armand Robin, un autre poète et bibliothécaire à la fois (donc connaissant bien le sujet) est intervenu pour ajouter un lien qu’il estimait intéressant. Résultat : supprimé. En revanche, la liste des liens de références s’allongent elle sans restriction, pour S.Loizeau nous sommes rendus à plus de 30 liens de références…

Résultat

Résultat : une page devenue illisible comme celle de Sophie Loizeau. Des poètes déjà pas mal mis à l’écart qui se sentent persécutés. Des contributeurs qui abandonnent. Du discrédit jeté sur Wikipédia (qui n’en n’avait pas besoin). J’ai reçu beaucoup de témoignages de soutien des éditeurs et poètes que je côtoie par internet. Cela me réconforte beaucoup et c’est pour cela que j’interviens ainsi auprès de vous. Je n’ai pas envie de les laisser tomber comme le rat quittant le navire. Je préfère trouver avec vous une solution. C’est pourquoi je vous liste ainsi tous ces griefs assez éclairants sur certaines pratiques déplorables de certains contributeurs (heureusement une minorité sans doute)..


Aux actes maintenant

Wikipédia a besoin de grandir encore en maturité. Son règlement doit s’adapter sans cesse pour favoriser le professionnalisme, la rigueur et la sagesse des contributeurs. Virgile disait : « Fais chérir de tes lois la sagesse profonde, voilà les arts de Rome et des maîtres du monde». Si j’avais une seule proposition à vous faire ce serait de demander à chaque administrateur de se spécialiser dans leur seul domaine d’appétence et de compétence et de demander aux lecteurs d’évaluer chaque article.

Je sais que je peux compter sur votre compréhension, de par votre métier, mais j’attends désormais des actes. Je compte sur vous pour intervenir pour mettre fin à ces excès déplorables.  

1 commentaire:

  1. Je vous recommande la lecture de ces deux articles que j'ai écrits et qui rejoignent votre réflexion :
    - http://www.laviemoderne.net/clapotis/033-petits-arrangements-entre-amis.html
    - http://www.laviemoderne.net/lames-de-fond/030-wikipedia-l-important-c-est-de-participer.html

    RépondreSupprimer