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Affichage des articles associés au libellé heudré

la nuit c'est de la lumière

C’est de la lumière et nous la fêtons avec nos visages, parce que seuls nos visages répondent à la lumière, parce que nos mains n’ont pas appris, parce que nos corps sont occupés à d’autres épanchements. C’est un cri et il nous fait peur parce que nous sommes vivants, parce que personne n’a pu interrompre son élan, parce qu’on manque de courage pour aller tordre le cou à ce cri, l’extirper de nos tympans, C’est la nuit et la lumière est un cri.

injonctions de novembre

obéissant aux injonctions de novembre — ombre élue soleil gris-noir — je me rentre de mes fenêtres heureuses

plus rien pour mon enfance

certains jours de traverse l'âge s'agite les heures arrivent en ombre portée en intervalle avec cette enfance les années construisent leurs murs le temps arbore à son cou les dents de ses proies je ne peux plus rien pour mon enfance

je vous écris

je vous écris dans l'absence de coquelicots dans l'absence de couleurs sur ma peau de puis longtemps la chaleur s'est ébréchée dans le jardin je vous écris de mes volets fermés fidèles gardiens des mots d'hiver je vous écris dans la présence de mes pensées

vos désirs font désordre

aujourd'hui vos désirs font désordre sur un mur mon désordre dans mes désirs je l'écris

ré-écrire

ré-écrire ne pas se contenter de caresse en impression du mot choisi la cérémonie doit s’évaporer vite passer à une autre vue du poème

l'aveu des rives

dans le poème l’aveu des rives limites bienveillantes à l’expansion de soi le résumé de soi dans les intervalles

tous mes voeux de poésie

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je ne sais rien faire

je ne sais rien faire de mes dix rêves que déposer des mots en offrande aux fièvres je ne sais rien faire de ces dix mots ma gorge d'une voix pas vraie les lirait d'un pas faussé je ne sais rien faire de mes lectures que recueillir des mots en offrande au rêve

sur

on peut toujours survenir survivre surmonter surnager surjouer surprendre sursauter surexposer surfaire surbaisser surchauffer surclasser surdimensionner surdoser surévaluer surinfecter sur réagir surexciter surmultiplier surpeupler surstocker surpayer surtaxer mais pas surnaitre surmourir il n'y a rien au-dessus de ces deux extrêmes.

espoir

les jours ne naissent pas pour se détruire il est encore des regards qui prennent au cœur cela devrait nous encourager l'espoir retient le monde ne pas oublier l'espoir

courses à obstacles

ne pas maquiller les mots juste les faire changer de tenue toute l'œuvre ici le sens plus ou moins croisé le hasard jamais renié un mouvement jamais replacé le mot posé à cru dans ces courses à obstacles

des jours en usage

il est des jours en usage qui apparaissent faussement on les croit présents alors qu’ils ne sont que poisse on les croit nôtres alors qu’ils ne nous regardent même pas on les croit définitifs mais ne résistent au temps sous leur masque les jours avancent lâchement

chambre des métamorphoses

je rêve d'une chambre des métamorphoses où après m’être dévêtu je pourrais me glisser dans d’autres mots et faire la conversation avec mon reflet avec mon enfance ma mort ma vie devenue ma proie j’aurais plaisir à la décortiquer sauvagement la dépecer des apparences inutiles me déshabiter pour mieux nettoyer mes jours des couleurs mensongères

lieux du pays natal

lieux du pays natal une rue gardée précieusement au cou souvenirs consumés revenus une chanson qu’on croyait disparue dans la gorge c'était l'enfance où l'on pouvait s'offrir le monde

fuir l'instant

quelle serait la direction d'une écriture qui fuirait l’instant ? quel rêve en filigrane viendrait étoffer le hasard de sa création ? comment venir emménager ses lieux contraires ?

de peau de peur et de mots

nous ne sommes rien d’autre qu’une existence de peau de peurs et de mots de peur des mots et toute cette écriture autour se cogne aux sentiments alors un jour un lourd silence vient éteindre ce faible feu du rêve

chemin d'écriture

ne rien inventer serait refuser le chemin que m’ouvre mon écriture les mots arrivent à rive de mes pensées les mots accourent affluent débarquent se jettent sur moi leur victime et me parlent de cette fin qui angoisse mes jours les mots sont-ils plus forts ce jour-là ? aurai-je la force de les retranscrire ? écrire à travers les cris silencieux de la mort attendue ce jour-là le chemin sera non pas tracé mais écrit

peau

un regard du corps en poème un regard dans le désir d’en faire œuvre demeure ma peau ma seule demeure demeure ma peau avec en autour la peur de m’y perdre

haïku oublié de l'été

un coquelicot en sa poésie unique près d'un vieux muret haïku oublié de l'été