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rouille

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injonctions de novembre

obéissant aux injonctions de novembre — ombre élue soleil gris-noir — je me rentre de mes fenêtres heureuses

le peu que je puisse dire XII

peut être détruit la part obscure a pris le pouvoir il n'y aura même pas de poussière à chasser juste un espace réapparu

le peu que je puisse dire XI

le peu que je puisse dire m'intime de le taire pas blesser pas gâcher la parole sagesse pas confiance mille détours préférables

le peu que je puisse dire X

le peu que je puisse dire les horloges l'ont déjà exilé les mots enfuis enfouis en bouillie intime à remuer

le peu que je puisse dire IX

le peu que je puisse vivre est un périple à travers le quelconque de l'instant l'instant ce regard ce poème mal éteint

le peu que je puisse dire VIII

mots cités sans fond parfois mais le travail est ailleurs visions de l'immobile à inventer pour bouger les axes de pensée

le peu que je puisse dire VII

le peu que je puisse dire est parfois révélation ombres déplantées juste le halo exprimé un chiffon à brillance pour le regard

le peu que je puisse dire VI

le peu que je puisse dire vient de l'intérieur même du ressenti faut-il vraiment le faire sortir

le peu que je puisse dire V

le peu que je puisse dire il faut me l'arracher le corps refuse de lâcher ainsi ses mots l'arrachement est une douleur qui renforce les mots

le peu que je puisse dire IV

des mots disparus avant de naître des mots rendus à leur obscurité

le peu que je puisse dire III

le peu que je puisse dire n'est-il pas déjà trop – l'écho de l'ego avance plus vite que moi –

le peu que je puisse dire II

d'autres  que moi si nombreux le disent  mieux  que moi avec moins  de mots que moi

un marcheur revêt la pierre

s'émeut le chemin quand tout à coup les troncs couchés le souvenir des bras écartés et du pas malaisé vers ce bout du monde un marcheur revêt la pierre de ses confidences vagabondes

écrire

écrire est une enfance où chaque pas est un hasard une découverte

Rennes, canal St Martin

d'abord la jeunesse avec son auberge puis la retraite et sa maison plus loin le bon accueil des rives du canal la vie est une eau douce et la poésie est en face

le jour a posé sa main

le jour a posé sa main sur la table avec l'assurance de celui qui possède les lieux la nuit n'a laissé qu'un peu de buée sur les carreaux dans l'intime rencontre du froid et de la vie de ses doigts lentement le jour a ouvert nos paupières de son pas discret la nuit a quitté nos lits

plus rien pour mon enfance

certains jours de traverse l'âge s'agite les heures arrivent en ombre portée en intervalle avec cette enfance les années construisent leurs murs le temps arbore à son cou les dents de ses proies je ne peux plus rien pour mon enfance

je vous écris

je vous écris dans l'absence de coquelicots dans l'absence de couleurs sur ma peau de puis longtemps la chaleur s'est ébréchée dans le jardin je vous écris de mes volets fermés fidèles gardiens des mots d'hiver je vous écris dans la présence de mes pensées

vos désirs font désordre

aujourd'hui vos désirs font désordre sur un mur mon désordre dans mes désirs je l'écris