Articles

infini

 depuis que le corps est chair depuis qu'il est vie depuis qu'il nous inonde de tous ses flux se pressent une présence infinie quelque part au-dessus devant ou derrière depuis que le corps est corps il sait que ce sont les étoiles qui font trébucher les hommes

En pensant à Daniel Brochard

le vide, le doute qui font arrêt brutal une séquence d'être ralentie  qui prêterait à sourire si  la mort n'y était pas invitée

page blanche

 La page blanche venait de voir éclore quelques histoires disloquées. On aurait aimé que les mots ne se contentent pas de syllabes. Que l'idée qu'une pensée devienne geste. L'idée qu'un geste devienne mot. Qu'un mot devienne poème. Qu'un poème devienne envol.

sommeils

au fond des draps des sommeils  pleins de couleurs font illusion des manèges de grand vent  des sucreries des floraisons les rêves ne naissent pas du sommeil ils sont là pour survivre  à la morosité des instants solitaires pour que l'espoir vienne à éblouir nos jours quand l'ombre luit le sommeil lui n'est que la répétition  de la mise en terre d'un monde fatigué

désillusions

on tient en nos mains  les secrets du ciel et de ses ressacs on a besoin de balcon de présence  et de gestes vers le ciel et pourtant éblouis et lucides  on s'inventera des ressemblances avec la mort  quelques branches grifferont bien nos visages  et dans le sang quelques gouttes de mots prêts à faire poème il faudra faire l'inventaire de ses pensées  avant que se fendillent le cadran de nos montres tous nos sens seront alors tournés vers le trou noir de nos désillusions 

Et ça

  et ça          ce petit silence          qui succède à l'annonce d'une mort          ce temps comme désarticulé          mal tombé          devenu temps contraire                dans l'instant          quand on voudrait          des mots lumineux           qui font passer le chagrin          ce court silence          immédiatement regretté

Et toi aussi

 et toi aussi          tu t'ennuies          toujours un peu trop          loin de tes rêves          regardant les gens          passer sans savoir          qu'ils pourraient bien           te sauver de ces jours gris          perdus à chercher          des mots          pour dire          le sombre          le noir          tous les mensonges          de ta mélancolie