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corps

depuis que le corps est chair depuis qu'il est vie depuis qu'il nous inonde de tous ses flux se pressent l'absence d'infini ou plutôt la présence d'un fini quelque part au-dessus devant ou derrière depuis que le corps est corps il sait que ce sont les étoiles qui font trébucher les hommes

pouls

tu verras tes mots s'en aller dans le poème tu n'auras pas à leur tenir la main comme ceux des prières ils feront de toi un homme heureux de les savoir nés là, en toi, vive présence dans tes silences, comme un deuxième pouls pour ta vie

disparition

certaines maisons avaient un petit nom se faire à l'idée de la disparition le spectacle des gravats la déchirure de la rue

blessure

un dormeur tout pale dans le tendre du ventriculaire toute vie glisse facilement dans la blessure

Chambre

dans cette chambre  crépite le filament d'une vieille lampe deux corps du même crépitement  au loin la ville écoute le désir de l'amour et du lointain la distance complice

mémoires

mémoires asséchées suspendue au fil de nos temps pressés trop occupées à refaire le monde sans jamais vraiment le refaire

gouttières

l'aube s'invente un dialogue avec le paysage pas de vainqueur en cette joute que des toits tournés vers le ciel à l'écoute du pas des chats